Attentats en France : réactions des autorités religieuses en France et dans le monde

Les autorités religieuses françaises ont unanimement condamné les attaques terroristes en France et appelé au dialogue et à la fraternité. Dans le monde également, de nombreuses autorités religieuses ont condamné les attentats et exprimé leur solidarité avec la France, refusant l’amalgame entre religion et violence.

Réactions des autorités religieuses en France

Tant la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) qui rassemble les principales confessions de France, que les autorités chrétiennes, juives et musulmanes séparément ont immédiatement réagi à l’attaque contre Charlie-Hebdo.


Les déclarations interreligieuses ont été nombreuses :

- Une délégation d’imams français engagés dans le dialogue islamo-chrétien rencontrait le Pape à Rome le 7 janvier au moment de l’attentat contre Charlie-Hebdo. Cette délégation a publié un communiqué communavec le cardinal Tauran, responsable du dialogue inter-religieux au Saint-Siège, rappelant que les responsables religieux sont appelés à promouvoir toujours davantage une « culture de paix et d’espérance » et invitant ces responsables à « offrir une information respectueuse des religions, de leurs adeptes et de leurs pratiques, favorisant ainsi une culture de la rencontre ».

- Ont également publié des communiqués le bureau de « La Maison Islamo-Chrétienne » et le Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne (GAIC).

Les autorités musulmanes de France se sont exprimées en nombre :

- le Conseil français du Culte musulman (CFCM) a immédiatement réagi à l’attaque contre Charlie-Hebdo en « condamnant avec la plus grande détermination » et en « appelant la communauté musulmane à faire preuve de la plus grande vigilance face aux éventuelles manipulations émanant de groupes aux visées extrémistes quels qu’ils soient  ».

- l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans, a dénoncé « de la manière la plus ferme cette attaque criminelle et ces horribles meurtres ».

- l’association musulmane turque alsacienne (le DITIB Alsace) condamne et « rejette tout amalgame entre l’Islam et cette attaque tragique et humainement inadmissible ».

- l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, tout en exprimant que « ce n’est pas ça l’islam  », a « espéré qu’il n’y aura pas d’amalgames ».

- l’Institut des Hautes Etudes Islamiques exprime son indignation et «  s’inquiète du climat actuel où la violence commise au nom de l’islam permet de justifier tous les amalgames  ».

Ont également publié des communiqués : l’union des mosquées de France, le Rassemblement des Musulmans de France, la Grande Mosquée de Lyon, le Conseil Régional du Culte Musulman Rhône-Alpes, la Grande Mosquée Mohammed VI de Saint-Etienne, etc.

Le 8 janvier, l’ensemble des fédérations musulmanes en France, y compris l’UOIF, se sont réunies et ont publié un communiqué qui « appelle les imams de toutes les mosquées de France à condamner avec la plus grande fermeté la violence et le terrorisme d’où qu’ils viennent, lors du prône de la grande prière du vendredi  ».
A noter également que, dans sa déclaration, le Secrétaire d’État américain John Kerry a fait référence à un imam français : « Je suis d’accord avec l’imam de France qui a dit aujourd’hui que les journalistes assassinés sont des martyrs de la liberté ».

L’anthropologue Malek Chebel a, quant à lui, saisi l’occasion pour suggérer la mise en place d’un « Grand Imam de France », à l’instar du Grand Rabbin de France, qui soit une autorité religieuse élue de référence.

L’ensemble des autorités religieuses étaient présentes à la marche républicaine du 11 janvier.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) ainsi que l’UOIF (proche des Frères musulmans) avaient appelé « les citoyens de confession musulmane à rejoindre massivement » les marches.

Réactions des autorités religieuses dans le monde

De très nombreuses autorités relieuses dans le monde ont réagi en soutien à la France et pour condamner les attentats.

On retiendra notamment la condamnation d’Al-Azhar, immédiate et sans aucune ambiguïté, suivie par celle du secrétaire général de l’Organisation de la Coopération islamique (dont le siège est à Djeddah), celle du Secrétaire Général de l’Union Internationale des Savants Musulmans (UISM) (siège à Doha), celle de la Ligue islamique mondiale (siège à La Mecque) ainsi que celle du Grand Mufti de Jérusalem.

De nombreuses organisations musulmanes ont condamné les attentats, notamment aux États-Unis (le Council on American-Islamic Relations), au Canada (le Congrès musulman canadien, le Conseil national des musulmans canadiens), en Italie, au Portugal, en Egypte (Centre d’Études Islamiques et la Maison de la Fatwa), ainsi que le Forum européen des organisations musulmanes de jeunes et d’étudiants (FEMYSO).
Tariq Ramadan (de nationalité suisse) a condamné avec un bémol : « Je condamne les attentats mais je ne suis pas Charlie ».

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, n’a pas commenté les attentats en France mais, évoquant les groupes terroristes (sunnites), a fait la déclaration suivante juste après l’attaque de Charlie-Hebdo : « À travers leurs actes immondes, violents et inhumains, ces groupes ont porté atteinte au prophète et aux musulmans plus que ne l’ont fait leurs ennemis (…), plus que les livres, les films et les caricatures ayant injurié le prophète. Ce sont les pires actes ayant nui au prophète dans l’histoire ».

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"Longue vie à la liberté d’expression" : dessin en couverture du premier quotidien indépendant afghan

Publié le 15/01/2015

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