Bernard Bajolet est originaire de Lorraine (nord-est de la France), où sa famille est présente depuis plusieurs siècles. Il y est né, en 1949, et a fait ses études secondaires au Lycée Henri Poincaré de Nancy.
Il fait Sciences Po Paris, rue Saint-Guillaume, de 1968 à 1971, puis effectue son service militaire essentiellement en Allemagne (11ème Régiment du Génie à Rastatt).
Après un stage de préfecture d’un an à Saint-Etienne, dans la Loire, en 1973, il entre à l’Ecole Nationale d’Administration, d’où il sort en 1975 (promotion Léon Blum). Il a pour camarades de promotion, entre autres, Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, Alain Minc, Martine Aubry , Bernard Boucault…
A la sortie de l’ENA, il choisit le Quai d’Orsay, qui était depuis longtemps son objectif, et, parmi la liste des postes offerts par le Quai, Alger, où il sert comme secrétaire d’ambassade. En 1978, il y accueille le stagiaire de l’’ENA, François Hollande, qui restera 8 mois à Alger.
En 1978, retour à Paris, auprès du porte-parole Louis Delamare, qui devait être assassiné au Liban en 1981. Bernard Bajolet suit les dossiers européens, qu’il est chargé d’expliquer aux journalistes. Puis le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Pierre Bernard-Reymond, l’appelle à son cabinet pour assurer les contacts avec le Parlement européen, tout récemment élu au suffrage universel. Bernard Bajolet se partage alors entre Paris, Strasbourg, Bruxelles et Luxembourg, où le Parlement, présidé par Simone Veil, a alors ses bureaux.
En 1981, après quelques mois à New York auprès de notre représentation permanente, il est nommé conseiller d’ambassade à Rome, au Palais Farnèse. Il a pour ambassadeur Gilles Martinet, ancien journaliste, que le président Mitterrand vient de nommer à ce poste. Il y suit surtout les questions politico-militaires.
En 1985-86, année sabbatique à l’Université Harvard de Cambridge (Massachusetts) à l’issue de laquelle Bernard Bajolet produit un rapport sur « les Etats-Unis et la défense de l’Europe ».
Entre 1986 et 1990, il sert comme n° 2 à notre ambassade à Damas auprès de l’ambassadeur Alain Grenier. Il y apprend le dialecte syrien et perfectionne son arabe classique, puis effectue un nouveau retour à la centrale comme directeur-adjoint d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient - ANMO). En 1991, le ministre Roland Dumas le fait nommer représentant spécial du gouvernement français à la conférence de paix de Madrid, tout en lui conservant son poste à ANMO. Il représente aussi la France au sein du groupe « réfugiés » du processus de paix israélo-palestinien, qui se réunit à Ottawa et Oslo, et se voit confier par les parties un rôle de médiation sur le regroupement familial des Palestiniens. En 1993, il fait partie de la commission créée par le nouveau ministre Alain Juppé, la « commission Picq », pour proposer une réforme du ministère.
En 1994, il est nommé ambassadeur à Amman, où il se lie d’amitié avec le roi Hussein et sa famille.
De 1999 à 2003, il sert comme ambassadeur à Sarajevo, où il apprend la langue locale, avant d’être envoyé en Irak juste après la chute de Saddam Hussein, en 2003, comme chef de la section des intérêts français, sous drapeau roumain - car les relations diplomatiques sont rompues depuis 1991- puis comme ambassadeur : le drapeau français est de nouveau hissé sur l’ambassade le 13 juillet 2004. Pendant cette période, il aura à gérer plusieurs affaires d’otages.
Fin 2006, il est nommé par le président Chirac ambassadeur, haut représentant, en Algérie. En avril 2008 à Guelma, il évoque les « épouvantables massacres » commis en mai 1945 et annonce que « le temps de la dénégation est terminé ». A Alger, il accueille deux fois le président Sarkozy qui lui demande, en juillet 2008, de mettre en place le nouveau poste de coordonnateur national du renseignement à la présidence de la République, avant de le nommer, au début de 2011, ambassadeur à Kaboul. Il y accueille le président Sarkozy le 12 juillet 2011, puis le président Hollande le 25 mai 2012.
Il est passionné d’histoire et amateur de musique classique. Il pratique l’équitation et la voile.
