Conférence de Paris pour le climat / Réunion du comité de Paris - Intervention de Laurent Fabius (Le Bourget, le 7 décembre 2015)

Mes Chers Collègues,

Samedi dernier, je vous avais proposé une méthode de travail et vous avez bien voulu l’accepter pour aboutir dans les délais - ce qui est notre souhait à tous - à un accord universel sur le climat qui soit équilibré et ambitieux ; cet accord que les chefs d’État et de gouvernement ont appelé de leurs voeux lors de l’ouverture de nos travaux le 30 novembre.

Comme il était convenu, nous avons déjà lancé quatre processus de consultations, facilités par des collègues ministres et portant sur les questions transversales dont la résolution permettra d’avancer vers l’obtention d’un accord.

Je rappelle que ces processus de consultations portent sur les quatre questions suivantes.

Premièrement, les moyens de mise en oeuvre : financements, technologies et renforcement des capacités. Ce processus est facilité - et je les en remercie - par nos collègues Emmanuel Issoze Ngondet du Gabon et Jochen Flasbarth d’Allemagne.

Deuxième thème, la différenciation, s’agissant en particulier de l’atténuation des financements et de la transparence. Ce processus est facilité - et je les en remercie - par Isabelle Teixeira du Brésil, appuyée par notre ami Luis Figuereido et Vivian Balakrishnan de Singapour.

Troisième thème, l’ambition incluant les objectifs de longs termes et la revue périodique. Ce processus est facilité par Tine Sindtoft de Norvège et James Fletcher de Sainte Lucie, que je remercie.

Enfin, quatrième thème, l’accélération de l’action pré 2020, ce que l’on appelle le world scheme 2 à l’exclusion des financements pré 2020 qui sont traités dans les consultations sur les moyens de mise en oeuvre. Ce processus-là, le quatrième est facilité par Pa Ousman Jarju de la Gambie et Amber Rudd du Royaume-Uni que je remercie également.

Chers Collègues, ces groupes ont engagé leurs travaux sans tarder, hier, dans le cadre de réunions ouvertes et inclusives. Ils ont un mandat flexible, pragmatique quant aux méthodes de consultations des parties. Ils ont conduit des réunions ouvertes à tous, bilatérales et aussi des réunions en format que l’on appelle Indaba. La recommandation que je leur ai faite, c’est de veiller à consulter toutes les parties. Ces échanges ciblés doivent en effet nous permettre d’identifier les points politiques clefs à trancher et, à partir du texte qui a été transmis par l’ADP à la COP, de dégager les possibles compromis sur chacun de ces points. J’ai demandé aux facilitateurs de nous présenter très brièvement leurs premières propositions ce soir. Nous entendrons donc dans quelques instants leur rapport.

Notre objectif, dans le cadre de ce comité de Paris, doit être de discuter de ces propositions et, sur cette base, de parvenir à une première vision d’ensemble du texte final.

Chers Collègues, comme je l’ai indiqué samedi soir, compte tenu de l’ampleur de la tâche et du peu de temps que nous avons pour l’accomplir, je souhaite faire appel, lorsque c’est nécessaire, aux concours d’autres ministres pour servir de facilitateurs sur d’autres sujets. En conséquence, j’ai lancé deux processus supplémentaires de consultations portant sur la question de l’adaptation. J’ai demandé à René Orellana ministre de l’environnement de Bolivie et à Mme Asa Romson ministre du climat et de l’environnement de Suède de mener maintenant des travaux sur l’adaptation, mais également, comme plusieurs d’entre vous nous l’avez suggéré, sur les pertes et dommages. Ces consultations vont démarrer dès demain.

Je pense aussi utile de lancer de nouvelles consultations sur d’autres sujets. Sur les mécanismes de coopérations, c’est Catherine McKenna, la nouvelle ministre de l’environnement et du changement climatique du Canada qui facilitera les travaux sur ce sujet.

Quant aux forêts, notre ami Daniel Vicente Ortega Pacheco ministre de l’environnement de l’Équateur a accepté d’être le facilitateur sur ce thème important.

Chacun d’eux, Catherine et Daniel seront assisté par un collègue dont les noms vous seront communiqués dans les heures qui viennent.

Par ailleurs, nous avons identifié en fonction de ce que vous nous avez dit, le besoin de création d’un groupe de facilitation sur les mesures de riposte. Là aussi, je vous donnerai dans les prochaines heures les noms des collègues qui ont la gentillesse de s’en charger. Nos travaux, comme c’était normal, vont aller en s’intensifiant cette semaine et comme je vous l’ai dit, si c’est nécessaire, j’ai l’intention de désigner des facilitateurs supplémentaires.

Voilà la méthode. Comme je m’y étais engagé, elle est transparente et je vous le répète, il n’y aura pas de surprise de ma part.

Je vais à présent inviter les équipes de facilitateurs qui ont déjà engagés leurs travaux à nous présenter un bref rapport sur l’état de leurs consultations à ce stade. Je nous encourage tous, ministres et chefs de délégations, à nous impliquer personnellement dans ces travaux, car chacun l’a bien compris, il ne s’agit plus seulement de répéter des positions que nous avons souvent entendues mais il s’agit d’aller vers des terrains de consensus. Bien sûr nous le savons, le moment approche de décider.

J’invite à présent les facilitateurs pour les moyens de mise en oeuvre à présenter brièvement leur rapport.
(Interventions des délégués)

Merci beaucoup ! Chers Collègues, j’ai comme vous écouté ces rapports. Je pense qu’il serait intéressant que le secrétariat mette les rapports des facilitateurs sur notre site internet parce que cela permettra à vous tous, et à d’autres, d’en avoir connaissance de manière plus précise. Ensuite, il va falloir, bien sûr, que nos amis continuent leur travail. Je vous invite donc, si vous avez des réactions particulières, des ajouts, des oppositions, à prendre contact directement avec eux ; c’est le sens de notre procédure.

Et puis, comme je l’ai indiqué au début de notre séance, d’autres thèmes vont commencer d’être examinés avec d’autres facilitateurs. Voilà la méthode qui est proposée.

Maintenant, nous allons ouvrir, si vous le souhaitez, les débats et ceux qui veulent prendre la parole le feront. Je souhaite en particulier que s’il y a des problèmes posés par la méthode proposée, vous puissiez le dire. C’est une méthode, comme vous l’avez vu, qui est très respectueuses des textes et de ce que nous sommes collectivement et qui devrait nous permettre de disposer mercredi d’une version nettoyée du texte transmis par l’ADP, donc d’un « clean text », avec de premières propositions de compromis, puisque c’est vers cela que nous devons aller.

Bien évidemment, certaines options demeureront naturellement ouvertes et devront faire l’objet de discussions additionnelles entre nous. J’insiste sur le fait que tout partira du texte ADP/COP, si je puis dire, et de vos observations.

(Interventions des délégués)

Votre remarque est parfaitement légitime. J’ai demandé au secrétariat que vous puissiez avoir une certaine visibilité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons commencé par quatre thèmes, parce que ce sont des thèmes difficiles et cela permet de débroussailler le terrain. Mais, évidemment, on ne peut pas de diviser en deux, en trois ou en quatre soi-même. Donc, il y aura peut-être telle ou telle difficulté qui subsistera mais, comme vous l’avez souligné, il faut que nous réduisions le plus possible ces difficultés, en prévoyant nos séances.

(Interventions des délégués)

Vous avez dit, vous-même, que vos observations étaient des observations techniques mais elles sont importantes. Donc, je vais demander à nos amis, à la fois facilitateurs et, surtout, au secrétariat, même si je sais que c’est très difficile, d’avoir une visibilité suffisamment à l’avance pour que vous puissiez organiser votre calendrier. Vous voyez, cela fait partie, bien sûr, de la transparence. Et puis, pour l’organisation matérielle des lieux, je comprends de ce que vous avez dit, qu’il y a des améliorations à apporter et nous allons faire un effort particulier sur ce point-là.

(Interventions des délégués)

C’est une question qui avait été posée hier ou avant-hier par un de nos collègues - qui est légitime. Ce qui est proposé, c’est donc que les facilitateurs continuent leur travail d’écoute, à la fois de nous tous et de tel ou tel groupe. Il y a les facilitateurs qui sont déjà désignés, qui ont commencé leur travail, et d’autres qui vont commencer leur travail maintenant. L’objectif, c’est que demain soir, - cela demande un travail très intense - ils puissent nous faire un nouveau rapport. À partir de là, les facilitateurs, épaulés par le secrétariat et par la présidence vous feront, le lendemain, c’est-à-dire mercredi, une proposition d’un texte nettoyé où il y aura nettement moins d’options et dont vous serez saisis collectivement. Il nous a semblé que c’était la façon, à la fois d’assurer l’efficacité du travail, puisqu’il faut bien avancer et, en même temps, que le processus continue d’être, comme on dit en anglais « party driven ». Voilà la méthode qui est proposée.

(Interventions des délégués)

Je vous remercie beaucoup de sa qualité et de la tonalité très positive qui en ressort. J’ai retenu de nos travaux que, d’abord, nous devions remercier et féliciter les facilitateurs - il faut qu’ils continuent leur tâche - et de nouveaux facilitateurs qui entrent en scène, si je puis dire.

De plus, il y a un souhait que nous puissions, si j’ai bien compris, accélérer les rédactions là où c’est possible, car certains des facilitateurs sont bien avancés et d’autres n’ont pas encore commencé leur travail. Mais les collègues qui se sont exprimés ont dit que si cela pouvait aller plus vite dans la rédaction, ce serait très bien et cela ferait gagner du temps.

Par ailleurs, il y a la proposition de l’Afrique du Sud qui indique qu’il faudrait aller vite également et, peut-être inclure, aussi, si j’ai bien compris, les deux facilitateurs de l’ADP en plus.

Nous allons bien sûr examiner tout cela ce soir, mais je pense que nous pouvons tout à fait aller dans le sens qui a été indiqué. Les seules contraintes, c’est d’être efficace, dans les délais qui sont les nôtres, de bien respecter le fait que nous partons du texte ADP qui a été transmis à la COP et le fait qu’il faut, à un certain moment, que l’on travaille sur des rédactions pour que vous puissiez vous prononcer sur les différents points.

Voilà les exigences qui sont les nôtres. Je vais regarder tout cela dans les minutes qui viennent, je pense que l’on trouvera une solution qui pourra être appliquée dès demain matin si cela vous va.

Il y a un point que je dois vous signaler : l’évolution de la situation en ce qui concerne l’examen des trois questions qui ont été renvoyées à la COP par le SBSTA et le SBI.

Je l’avais signalé samedi, la question de la revue 2013-2015 doit être traitée dans le cadre des consultations sur l’ambition. Les deux autres questions renvoyées sont, d’une part, les mesures de riposte et, d’autre part, le renforcement des capacités. Les mesures de riposte seront traitées dans le cadre de la facilitation sur ce sujet que j’ai annoncée en début de séance et le renforcement des capacités sera traité, si vous le voulez bien, dans le cadre des discussions du groupe sur les moyens de mise en oeuvre.

Nous voilà parvenus à la fin de notre réunion, je vous remercie beaucoup. Nous nous réunirons demain en fin d’après-midi, compte tenu de la méthode sur laquelle je vous ai dit un mot et qui devra être adaptée, voilà où nous en sommes. Encore une fois merci beaucoup et je vous souhaite un très bon travail, la séance est levée."

Intervention de Laurent Fabius du 7 décembre 2015

Publié le 10/12/2015

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