Discours de l’ambassadeur prononcé à l’occasion de la Fête Nationale

Une fête nationale est toujours organisée autour d’une date, d’une commémoration. Le 14 juillet, pour les Français, n’échappe pas à cette règle.

Je souhaiterais pour ma part évoquer ce soir deux dates.

La première, bien entendu, est le 14 juillet lui-même. Il y a 225 ans, le 14 juillet 1789, le peuple français commençait une Révolution. Quelque temps après, la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen devait rappeler que « l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics ». Si les mots ont vieilli, les idées restent actuelles. Cette même Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen soulignait que « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ». Ainsi était posé le principe des élections.

Il y a un mois jour pour jour, les citoyens d’Afghanistan se déplaçaient en grand nombre pour assurer la première transition démocratique de leur pays. Bravant les dangers, ils témoignaient de leur volonté de prendre en mains leur destin. Il revient aux responsables politiques, de continuer à montrer qu’ils sont à la hauteur des attentes de leur pays, en permettant au processus d’arriver à son terme dans le respect de la légalité et la transparence.

En cette année 2014, nous commémorons aussi le centenaire du début de la Première Guerre Mondiale, commencée le 4 août 1914. Cent ans plus tard, après un deuxième conflit de dimensions mondiales, la leçon que nous en tirons, nous autres Européens, nous semble avoir une portée universelle. La paix et la prospérité reposent sur la réconciliation, y compris entre des ennemis « héréditaires » comme purent l’être à une époque la France et l’Allemagne. Elles supposent également de savoir dépasser les égoïsmes nationaux au profit d’intérêts supérieurs, comme nous le démontre chaque jour l’Union Européenne. Celle-ci est souvent critiquée, mais qui aurait parié il y a quelques années sur un Marché Unique, une monnaie commune, la libre circulation des citoyens ?

Les commémorations n’ont de sens qu’à condition d’éclairer le présent. Aujourd’hui, ici à Kaboul, le 14 juillet garde toute sa pertinence : la démocratie à travers les élections, la paix et la réconciliation restent les messages fondamentaux.

Publié le 15/07/2014

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