L’historien d’art Francis RICHARD anime une conférence à la Résidence de France [fa]

Le conservateur et historien d’art Francis RICHARD a récemment effectué une mission auprès des Archives nationales d’Afghanistan, avec le soutien du service de Coopération et d’Action culturelle de l’ambassade de France.

Dans le cadre de cette mission, Francis RICHARD a animé, samedi 30 avril à la Résidence de France, une conférence, intitulée « Herat et Kaboul : Les manuscrits enluminés en Afghanistan, histoire et fabrication » :

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Francis RICHARD a d’abord rappelé à son auditoire que l’écrit a, de tout temps, occupé une place centrale dans les différentes civilisations qui se sont succédé en Afghanistan et, donc, dans la culture de ce pays. Si l’on y trouve des traces écrites extrêmement anciennes, dont les supports sont aussi divers que la pierre, le bois ou le papyrus, c’est bien la période islamique qui va faire passer l’écrit au rang d’art afghan de premier plan, d’abord par le biais de la calligraphie, puis par le recours aux enluminures dans de nombreux manuscrits.

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Lorsque, au XVème siècle avec Shahrokh, le plus jeune fils de Tamerlan, les Timourides font de Hérat leur capitale, la cité afghane déjà plus que millénaire devient l’un des hauts lieux de la culture islamique et les calligraphes, les enlumineurs et les peintres se pressent alors à la cour, grâce notamment à la politique de mécénat du prince Baïsonqor, le fils aîné de Shahrokh. On peut effectivement dire que « Hérat est considérée à l’époque de Baïsonqor comme la Mecque des artistes ».

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Une génération plus tard, avec le Sultan Hosein Bayqara, successeur de Shahrokh, la cour timouride de Herat est à son apogée et la miniature persane y foisonne alors dans les nombreux manuscrits enluminés qui vont véritablement fixer de nouveaux canons pour l’ensemble de l’Orient musulman. On citera bien sûr les grandes figures de Behzad, de Djami, de Mohamed Siyah Qalam et de Doust Mohamed, mais aussi les princes timourides eux-mêmes qui, en plus d’encourager les arts et les lettres, s’essaient parfois eux-mêmes à la calligraphie et à l’enluminure.

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Pour les chercheurs et les historiens d’art tels Francis RICHARD, toute la difficulté consiste aujourd’hui à rassembler, au-delà du matériel que l’on trouve déjà dans les bibliothèques occidentales, les ouvrages afghans qui ont été dispersés ou perdus de vue à la suite des quarante années de conflit qu’a connu l’Afghanistan dans la période récente.

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Spécialiste des manuscrits persans, Francis Richard a été conservateur au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, puis il a dirigé le nouveau département des arts de l’Islam du Louvre. Il a publié de nombreux articles et plusieurs livres sur les manuscrits persans, dont Le siècle d’Ispahan (Gallimard, 2007). Il a également été conservateur, directeur scientifique à la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations.

Publié le 03/05/2016

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