La France en Kapisa et Surobi

Entre 2009 et 2013, la France a décidé d’apporter son soutien au développement de la Province de Kapisa et du district de Surobi. Depuis 2012, nos actions s’inscrivent dans le cadre du traité d’amitié et de coopération signé entre nos deux pays.

En étroite relation avec les autorités de la province et du district et les services compétents des Ministères techniques à Kaboul, notre effort de coopération s’est concentré sur le développement rural de la région, la délivrance des services de bases dans les secteurs de la santé et de l’éducation, l’électrification et la reconstruction de l’Etat de droit.

millions d’euros consacrés au développement de la région

PNG

1- Agriculture et développement rural

La population de Kapisa et Surobi dépend essentiellement de l’agriculture pour vivre. En dehors du plateau du nord-ouest, les terres agricoles et les villages se situent le long de vallées relativement étroites. Grâce à l’irrigation, les fermiers exploitent des cultures variées et essaient de faire deux récoltes par an. Les premières cultures sont le blé d’hiver et la pomme de terre. Après ces premières récoltes en juin, une grande partie des terres sont remises en culture pour exploiter du maïs, de l’oignon, de la pomme de terre, du gombo, etc. La réussite de la seconde récolte dépend de la disponibilité en eau, particulièrement dans la vallée de Tagab. Les fermiers de Kapisa et Surobi exploitent un cheptel assez réduit en raison de la faible taille des estives. Ils tentent de conduire une petite production laitière bovine basée sur l’exploitation des résidus de récolte des cultures irriguées et de luzernières, en plus de l’élevage traditionnel de quelques petits ruminants.

21,9 millions d’euros pour le développement rural et l’agriculture

Dans un premier temps, l’aide française a cherché à apporter un soutien immédiatement utile aux producteurs, 9 millions d’euros ont été consacrés :

  • à la distribution massive d’intrants agricoles (semences, engrais, plants d’arbres fruitiers) ;
  • l’appui aux initiatives d’amélioration génétique du cheptel bovin, à la pisciculture et à l’apiculture :
  • la construction d’aires de stockages.

Dans un second temps notre appui s’est concentré sur l’amélioration des infrastructures rurales, 12,5 millions d’euros y ont été consacrés et ont permis  :

  • la réhabilitation de karez (puits horizontaux permettant, en montagne, de puiser l’eau dans la nappe phréatique), de puits, d’équipements d’irrigation et l’aménagement de bassins versants (terrassement et plantation d’arbustes pour limiter l’érosion) ;
  • l’appui au « National Solidarity Program » (NSP) : 800 projets communautaires ont vu le jour concernant principalement l’irrigation 28% ; le transport 24% et l’accès à l’eau potable 25% :
  • l’amélioration et de renforcement des prises d’eau sur la rivière Tagab.


Nos principaux partenaires :
Ministère de l’Agriculture, de l’Irrigation et de l’élevage, Ministère de la Reconstruction et du développement Rural (MRRD), Afghan National Horticulture Development Organisation (ANHDO), Afghan National Nursery Growers Organisation (ANNGO).

GERES, Relief international, Afrane, Aidtrends, DCA VET, Eurêka, Altai Consulting, Geoexpert.

Plantation de grenadier à Surobi :
PNG

En 2014, la France prévoit d’apporter son soutien au projet européen d’appui aux filières horticoles (PHDP). Sa contribution (2,5 millions d’Euros) ciblera notamment la filière grenade dans une logique d’appui à une dynamique nationale d’organisation des producteurs et de leur filière sachant que cette culture est particulièrement importante pour la province de Kapisa.

2- Electricité

En 2011, les importations, qui proviennent d’Ouzbekistan (57%), d’Iran (22%), du Turkmenistan (16%) et du Tadjikistan (4%), représentent 73% de la consommation d’électricité afghane. Ces quatre pays ont signé des contrats de vente à l’Afghanistan qui, à l’exception de celui passé avec le Tadjikistan, sont à court terme et offrent peu de sécurité énergétique pour le pays. En Kapisa, l’électrification est un enjeu prioritaire. La province ne disposait d’aucun raccordement au réseau en 2009.

JPEG

Notre action s’inscrit pleinement dans le Programme de Priorité Nationale du Ministère afghan de l’Energie et de l’Eau. Elle complète NEPS (North-East Power System) qui consiste en la production, la transmission et la distribution d’énergie et prévoit le raccordement au barrage de Naghlu, source autonome de production.

20,6 millions d’euros pour l’électrification de la région

Le projet d’électrification de la province s’est décliné en trois phases. Les phases 1 et 2 s’élevant à un montant de 5,9 millions d’euros sont totalement terminées. Elles ont permis :

  • la construction et mise en œuvre d’une ligne de distribution de 20 kV de 34 km entre Mahmoud Raqi et Nijrab,
  • la connexion de 10 villages dont Nijrab centre.

6700 foyers, 53 600 personnes, 50 bâtiments publics, 18 écoles, 113 mosquées, 702 magasins, 46 ateliers et 26 hôtels ont pu ainsi être connectés.

Nos principaux partenaires :
Ministère de l’Energie, responsable de la planification, eDa Afghanistan Bresna Sherkat (DABS)

Integration (bureau d’étude chargé de la maîtrise d’ouvrage)

En 2014 et 2015, la réalisation de la phase 3 du programme- plus de 18 millions d’euros dont 3 millions d’euros financés par le gouvernement Afghan-, permettra le raccordement de Mahmoud Raqi centre et la réhabilitation de 10 systèmes hydroélectriques dans des villages de la vallée de Nijrab n’ayant pas accès au réseau (environ 16 400 personnes et les infrastructures économiques et sociales correspondantes).

3- Santé publique

Les indicateurs du secteur de la santé en Afghanistan restent parmi les plus bas du monde. Les structures de santé sont, sauf appui extérieur, délabrées ou inexistantes et le système médical manque de professionnels qualifiés avec un déficit marqué en personnel féminin. Pour répondre à ces défis, le Gouvernement afghan s’est fixé des objectifs clairs repris dans sa « Stratégie nationale du secteur de la santé 2008-2013 » avec des indicateurs phares sur l’accès aux structures de santé, la réduction des taux de mortalité maternelle et infantile, le taux de couverture vaccinale.

Notre action s’est inscrite dans un objectif global de développement de l’accès à des soins de qualité. Elle s’est concentrée sur la création de nouveaux centres de santé, la réhabilitation et la construction d’hôpitaux et de maternités et le développement des capacités du personnel médical de manière à accroitre la qualité des soins, et en particulier la formation de personnel féminin afin de permettre l’accès aux services de santé pour les femmes.

4,1 millions d’euros consacrés à la santé publique

Le développement de l’accès aux soins :

  • la construction et l’équipement d’un hôpital de district (Nijrab), d’une maternité, 5 centres de santé, le bâtiment de la Direction provinciale de la santé. Ces structures ont été équipées conformément aux standards nationaux fixés par le Ministère afghan de la santé (EPHS) :
  • la réhabilitation d’un hôpital de district (Surobi) et de 6 centres de santé.
  • la formation de deux équipes mobiles de santé constituées pour renforcer l’accès aux soins des personnes vulnérables (déplacés internes, zones isolées et personnes incarcérées).

Un appui spécifique est apporté au projet Maison de l’Enfant de la Chaîne de l’Espoir afin de faciliter l’accès aux soins des enfants de Kapisa et Surobi à l’Institut Médical Français de la Mère et de l’Enfant (IMFE) de Kaboul.

L’amélioration de la qualité des soins par le renforcement des compétences du personnel de santé :

  • plus de 200 membres du personnel de santé formés ;
  • formation diplômante de 52 sages-femmes et de 30 infirmières.

JPEG


Principaux partenaires :
Le ministère afghan de la Santé est le partenaire privilégié (Direction provinciale de la santé)

MRCA, Chaîne de l’Espoir, Intégration, BRAC, COAR, IDLG).

En 2014, un nouveau projet de santé sera centré sur le renforcement de la santé materno-infantile. Il cherchera à accroître l’accès à des salles d’accouchement pour les mères. Il permettra également de compléter la couverture hospitalière régionale par la construction d’un hôpital de district à Tagab et la remise en état de l’Hôpital régional de Mahmoud e-Raqi.

4- Education

Le gouvernement afghan a structuré le développement du secteur éducatif autour d’un « Plan Stratégique National » (NESP) qui définit les grandes priorités (accès à l’éducation primaire pour tous, enseignement de qualité) et inclut un « programme de formation des enseignants ».

Une étude du système scolaire en Kapisa a révélé que dans cette province, 37% des écoles n’avaient pas de bâtiment adéquat et que sur les quatre centres de formation des maîtres théoriquement existants, trois n’avaient pas de locaux. Seulement 42% des enseignants présentaient les qualifications de base requises pour enseigner. Les femmes représentaient 24% de l’effectif des enseignants de la province et seulement 8% d’entre elles avaient les qualifications requises.

Sur la base de ces constats, l’appui de la France a privilégié une approche intégrée visant à améliorer l’accès à l’éducation de base (construction et équipement d’écoles) et la qualité de l’enseignement (formation des enseignants et amélioration des conditions de gestion du système éducatif).


3,1 millions d’euros consacrés à l’éducation

Le développement de l’ACCES à l’éducation de base :

  • construction de 9 écoles de niveau primaire (4) et secondaire (5) soit environ 132 salles de classe (plus de 5.200 élèves), d’une bibliothèque et un laboratoire de sciences :
  • réhabilitation de 2 écoles (Tagab) et un laboratoire de sciences ;
  • 1300 table-bancs distribués dans 62 salles de classes de 11 écoles de filles.

L’amélioration de la QUALITE de l’enseignement :

  • un centre de formation des enseignants a été construit et équipé à Nijrab ;
  • 553 enseignants des districts de Tagab, Alasay et Nijrab ont été formés à l’enseignement des matières scientifiques et 578 manuels ont été distribués ;
  • 157 écoles ont bénéficié de kits de sciences

L’amélioration de la capacité de PILOTAGE administratif :

  • construction d’un bureau de la direction de l’éducation à Tagab ;
  • équipement en mobilier de bureau de la direction provinciale de l’éducation de Kapisa et des sept bureaux de district.

Principaux partenaires :
Ministère de l’Education, Direction provinciale pour la Kapisa et la direction chargée des infrastructures

Relief International, Solidarité Afghanistan Belgique, SEE, AKCC

5- Gouvernance locale

Alors que l’Afghanistan est un Etat unitaire depuis le 18ème siècle, il a eu un faible contrôle central sur la population en dehors de la capitale. Les régions ont surtout compté sur la gouvernance locale fondée sur les traditions tribales pour gérer leur vie. La mise sur pied d’institutions locales durables et l’instauration de l’Etat de droit, aussi bien à l’échelon local que central, a été au cœur de la stratégie de la Communauté internationale.

3,3 millions d’euros consacrés à la gouvernance locale

Entre 2010 et 2012, la France a contribué à hauteur de 3 millions d’euros au financement d’un programme national de l’Independant Directorate for Local Governance (IDLG) dont l’objectif est de renforcer les capacités et la légitimité des autorités locales : le District Delivery Program (DDP), renommé SPAD (Strengthening Provincial Administration and Delivery) en 2012. Ce programme vise notamment à renforcer la gouvernance locale au niveau du district en rétablissant la présence et l’autorité de l’Etat et en améliorant la qualité des services publics rendus aux citoyens :

  • 22 projets dans le district de Tagab ;
  • 17 projets dans district de Surobi ;
  • 12 projets dans le district de Nijrab.

Fin 2012, la France a apporté un soutien de 300 000 euros à l’Afghan Sub-national Governance Program (ASGP) mis en œuvre par le PNUD. Ce programme vise le renforcement des capacités des agents et l’organisation des services déconcentrés de l’Etat.


Principaux partenaires :
Independant directorate of local governance (IDLG).

Programme des nations unies pour le développement PNUD

6- Justice

La réalité judiciaire afghane est très singulière. Les institutions judiciaires non étatiques, les shuras (assemblées villageoises), traitent 80% des litiges civils et pénaux. Aux yeux des justiciables afghans, elles constituent des institutions légitimes, crédibles, proches, rapides, gratuites et non corrompues. Seuls 20% des litiges sont traités par les tribunaux (7 tribunaux de district et une Cour d’appel en Kapisa et un tribunal de district en Surobi, rattaché à la Cour d’appel de Kaboul).

Il existe, par ailleurs, une justice talibane dans les villages contrôlés par l’insurrection, qui applique des règles de droit tribal associées à une interprétation rigoriste de la charia.

Au regard de cette situation, la France a décidé de lancer un programme innovant destiné à renforcer simultanément les institutions judiciaires étatiques et les shuras de manière à ce qu’elles respectent mieux les règles du procès équitable, en appliquant le droit afghan. L’appui aux shuras a également été conçu comme un outil permettant de lutter contre l’extension de la justice talibane.

1,3 million d’euros consacré à la justice

La formation des juges et avocats de Kapisa et Surobi

  • 74 juges et avocats de Kapisa formés en droit civil, procédure civile, lutte contre la violence faite aux femmes.

La construction d’une bibliothèque juridique à Mahmoud e-Raqi :
JPEG
Inauguration de la bibliothèque juridique en présence du Premier président de la Cour d’appel de Kapisa

L’appui à la justice locale en Kapisa et Surobi

  • création et soutien de 102 conseils de paix permettant aux justiciables d’avoir un accès à une justice de proximité. 350 affaires ont été résolues durant l’ensemble du programme ;
  • supervision des audiences de la justice institutionnelle afin de relever les manquements de la justice institutionnelle et les inciter à améliorer leur activité. 637 audiences supervisées durant l’ensemble du programme. Entretiens réguliers avec les magistrats ;
  • formation des personnels institutionnels et des ONG travaillant sur le programme afin de permettre une meilleure compréhension des deux systèmes de résolution des conflits. 237 personnes (membres de conseils de paix, moniteurs supervisant les audiences et membres du Bureau du procureur et du ministère de la Justice) ont été formées.


Principaux partenaires :
Ministère de la Justice, Cour suprême a permis la supervision des audiences lors du programme.

Cooperation for Peace And Unity (CPAU) Integrity Watch Afghanistan (IWA), Organisation internationale du Droit du développement (IDLO).

Publié le 09/09/2014

haut de la page