Lancement du projet de développement rural des Montagnes du Centre de l’Afghanistan

La région des hautes montagnes du Centre de l’Afghanistan est traversée par une crise écologique qui affecte des ressources naturelles essentielles pour la survie de l’économie essentiellement agricole de cette région.
Cette crise trouve ses origines dans l’accentuation de la variabilité climatique, mais aussi dans des pratiques humaines générant une surexploitation de ressources rares et communes, que sont les pâturages d’altitude (essentiels à l’élevage de montagne extensif) et l’eau (d’irrigation et potable).

Ces pratiques humaines concernent en effet (i) l’activité agricole qui s’étend au-delà des vallées irriguées, faute d’eau, pour coloniser les pentes érodables des bassins versant ; (ii) les pratiques d’élevage qui entrainent le surpâturage ; (iii) l’absence de modalités et de règles de gestion des ressources communes entrainant surexploitation et conflits d’usage ; mais aussi (iv) la collecte des combustibles (buissons, bouses séchées, bois) pour le chauffage en hiver.

Contribuer à l’inflexion de la dégradation des ressources naturelles et tenter ainsi d’améliorer les conditions de vie des populations des Montagnes du Centre implique d’adopter une approche transversale du développement rural, combinant ces thématiques fortement corrélées : Agriculture/Elevage – Energie – Ressources naturelles.
La France, au travers de l’Agence Française de Développement (AFD), participe à ce programme au moyen d’une subvention de 10 millions d’euros qui sera mise en œuvre un Consortium de 3 ONG françaises, historiquement présentes dans cette région : Le Groupe Energies Renouvelables, Environnement et Solidarités (GERES), la Mission d’aide au développement des économies rurales d’Afghanistan (MADERA) et Solidarités International (SI).

Le Programme devrait toucher un bassin de population d’environ 400.000 habitants. Il sera mis en œuvre dans les provinces de Bamyan (districts de Kahmard, Saighan et Yakawlang) et du Wardak (districts de Behsud I et II), à travers trois composantes opérationnelles et une composante institutionnelle :

1) Promouvoir le développement durable de l’agriculture et de l’élevage en améliorant la performance des systèmes de production. Il s’agit d’augmenter la production agricole, destinée principalement à l’autoconsommation, tout en améliorant la résilience de ces systèmes aux aléas climatiques ;

2) Améliorer les performances énergétiques des foyers ruraux et leurs conditions de vie en hiver, en proposant et en diffusant des solutions énergétiques à moindre coût économique, social et environnemental ;

3) Mieux gérer les ressources naturelles collectives et rares (eau et pâturages), en mettant en place avec les communautés rurales des systèmes de gestion adaptées dans le but d’éviter les conflits entre intérêt individuel et bien commun ;

4) Promouvoir un dialogue institutionnel et technique entre les ONG et les acteurs étatiques par la production et le transfert de savoirs et de savoir-faire vers les autorités locales.

Après une Phase de programmation et de réalisation d’études de référence, le consortium d’ONG a lancé ses opérations le mardi 22 avril 2014 à Bamyan, en présence des représentants de l’AFD à Kaboul et des équipes des trois ONG.

Publié le 22/06/2015

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