Retour sur le Dialogue de sécurité d’Hérat : intervention de l’ambassadeur de France. [fa]

La Vème édition du « dialogue de sécurité d’Hérat » (HSD-IV) s’est tenue à Hérat du 14 au 15 octobre 2016. Cette conférence était organisée par le plus important think tank afghan, l’Afghan Institute for Strategic Studies/AISS du Dr. Davood Mouradian.
Inauguré par le Dr. Spanta, conseiller national de sécurité (CNS) du président Karzai, et le gouverneur de la province d’Hérat, M. Mohammad Asif Rahimi, le Dialogue avait cette année pour thème : « Violence et ordre politique ».

L’ambassade de France en Afghanistan, partenaire historique de l’AISS et du dialogue de sécurité d’Hérat a dépêché une importante délégation pour participer à l’évènement. Invité spécial de l’ambassade, M. Bruno Tertrais, membre de la Fondation pour la Recherche Stratégique, s’est exprimé sur le « retour de l’histoire ». L’ambassadeur, au cours de la première table-ronde, est intervenu sur la question de l’origine de la violence. Les principaux points de son intervention sont résumés ci-après :

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La violence sans contrôle, c’est l’état de nature.

Dans l’état de nature, la violence est généralisée et incontrôlable. La civilisation repose sur sa régulation et son monopole par l’Etat. La fraternité universelle, incarnée par l’idéal onusien, constitue l’étape ultime du progrès civilisationnel.

Griefs et pauvreté ne peuvent expliquer la violence.

Les griefs, aussi légitimes soient-ils, et la pauvreté ne sont pas des explications satisfaisantes. Il n’y a pas de corrélation entre le sous-développement et la violence. Les sources de violences sont diverses : la cupidité, le désir de domination, de revanche, une disposition psychologique favorable. L’histoire ne manque malheureusement pas d’exemples.

La violence dans les sociétés civilisées.

Deux hypothèses sont envisageables : 1) L’Etat assume mal son rôle et c’est le chaos ; les exemples d’Etat dits « faillis » en sont l’incarnation contemporaine. 2) L’Etat va au-delà de ce qui est nécessaire et c’est la tyrannie.

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Le dilemme de la violence d’Etat : la tyrannie engendre et légitime l’insurrection.

En réponse à la tyrannie, la résistance est légitime (article 2 de la Déclaration des droits de l’Homme de 1789).

La démocratie est la seule solution envisageable.

La démocratie apparait comme le seul moyen de résoudre ce dilemme. Elle permet de rompre le cycle tyrannie-insurrection, légitime le monopole de l’emploi de la violence détenu par l’Etat et permet une alternative à la violence insurrectionnelle.
Avec le temps, les démocraties occidentales ont oublié l’usage de la violence. Les attaques survenues ces derniers mois ont fait ressurgir la violence de masse au sein de la Cité. La France est aujourd’hui en guerre contre Daech et nos deux pays sont unis contre un ennemi commun.

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Publié le 15/11/2016

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