Toast du président de la République lors du dîner du Sommet des Consciences [fa]

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Paris – Lundi 20 juillet 2015

Mesdames et Messieurs qui représentez ici les forces spirituelles, je veux vous dire tout le plaisir qui est le mien de vous accueillir ici, à Paris, à l’Elysée. C’est une réunion que nous voulions dans le cadre de la préparation de la Conférence sur le climat qui va se tenir – vous le savez – en décembre prochain.

Je remercie Nicolas HULOT qui a pris l’initiative de ce rassemblement assez original ; vouloir que l’ensemble des cultes, que l’ensemble des personnalités, l’ensemble des forces spirituelles – et nous en avons oubliées – puissent ici se réunir et notamment demain pouvoir envoyer un message au monde entier. Rien n’aurait été possible sans votre participation. Nous pouvons convoquer l’esprit mais faut-il encore qu’il soit incarné dans des personnalités. Je veux ici vous exprimer toute ma gratitude pour votre mobilisation, avec ce but que nous nous sommes assigné : mieux protéger notre planète.

Cet événement – qui vient d’ailleurs après d’autres et avant d’autres – confirme une prise de conscience mais aussi une volonté collective de pouvoir être utile pour que les chefs d’Etat et de gouvernement le moment venu – c’est-à-dire au mois de décembre – puissent eux-mêmes prendre leurs responsabilités. Nous nous retrouvons dans une semaine particulièrement cruciale puisque c’est en ce moment même que se tient une importante session ministérielle pour préparer les conclusions de la négociation sur le climat.

Je sais aussi que partout dans le monde, et vous y êtes souvent à l’initiative, il y a des réunions qui se font pour informer, pour diffuser, pour mobiliser l’ensemble des opinions publiques. Les religions, les forces spirituelles, les philosophes sont particulièrement utiles dans cette période. Bien sûr que les scientifiques apportent leur expertise et je veux saluer ici le GIEC, qui est la grande organisation scientifique qui permet d’avoir un constat et d’avoir hélas une projection sur ce que serait notre planète si rien n’était fait pour la protéger.

S’il y a des experts, s’il y a des scientifiques, il doit y avoir aussi au-delà de la science, la conscience. Et c’est le sens de ce Sommet qui va se tenir demain et qui va réunir des personnalités, des autorités venant du monde entier. Le message qui devra être porté, – et je vous fais confiance – c’est de vous adresser à ce qu’il y a de plus profond dans chacun d’entre nous, c’est-à-dire en réalité ce qui à un moment nous élève, nous dépasse et fait que nous regardons au-delà même de notre propre vie.

Votre démarche place les enjeux du climat au seul niveau qui compte, celui de la morale, celui de l’éthique, de la civilisation, du mode de vie que nous devons promouvoir pour laisser un monde viable à nos enfants ou aux générations futures. Au début de l’année, j’étais aux Philippines car je voulais témoigner notre solidarité à l’égard d’un pays qui a été victime de catastrophes qui ont profondément modifié la vie dans un certain nombre d’îles des Philippines. M’accompagnaient le Patriarche Bartholomée et la sénatrice LEGARDA, pour justement être au plus près des victimes du dérèglement climatique. Avec le Président philippin, nous avons lancé l’Appel de Manille pour mobiliser les gouvernements et les opinions publiques.

Je ne sais pas si nous avons été encore entendus, mais vous, vous avez reçu cet appel et vous y répondez aujourd’hui. Votre démarche invite chaque responsable public, chaque délégué à la COP21, à réfléchir au sens de ce qu’il va faire. Non pas participer à une négociation comme les autres, non pas chercher un accord comme on essaye d’en trouver sur l’agriculture ou sur l’énergie. Non ! Ce que nous devons prendre en compte à la Conférence de Paris, c’est bien plus que ces sujets sectoriels, c’est l’avenir même du monde.

L’encyclique « Loué sois-tu » du Pape François a eu un retentissement considérable et bien au-delà du cercle des croyants. Ce texte, en effet, nous appelle à remettre en cause ce qui n’est pas durable, soutenable, dans notre mode de vie. Je sais que les autres religions du monde s’impliquent directement dans des actions en faveur de l’environnement et du climat. Vous venez vous-même de pays, de cultures très différentes et vous vous rejoignez néanmoins – au-delà de vos convictions, de vos origines, de vos parcours, de vos sensibilités, de vos philosophies – pour appeler à agir comme membre de la famille humaine.

Le succès de la Conférence sur le climat doit être le succès de toutes celles et de tous ceux qui veulent vivre ensemble et qui veulent s’adresser à ce qu’il y a de plus beau dans la conscience humaine, c’est-à-dire le sens de sa destinée, le sens aussi de ce qu’on laisse à ses enfants, la trace que l’on veut aussi mettre au bénéfice des générations qui viennent. Cette trace ne s’effacera pas si la Conférence de Paris est un succès.

Merci.

Publié le 23/07/2015

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