Un enfant sauvé à temps grâce à la télémédecine [fa]

Le programme de télémédecine a démarré en 2007 à l’Institut Médical Français pour l’Enfant (IMFE) afin d’assurer des consultations et formations à distance avec d’autres hôpitaux, ceux de Karachi, Kandahar, Bamyan, Faizabad et Khorog (au Tadjikistan). Depuis, plus de 11,000 téléconsultations ont été réalisées et des cours à distance ont été dispensés à plus de 3,000 personnels de santé.


L’histoire de Sidra témoigne du rôle important de la télémédecine pour faciliter l’accès aux personnes vivant en zone rurale à des spécialistes. Une téléconsultation menée avec l’hôpital provincial de Faizabad a permis de sauver ce nourrisson de 1 mois.

Dès la naissance de Sidra, ses parents ne peuvent que constater qu’elle souffre d’une malformation au cerveau. Un mois après, ils décident de l’emmener voir un pédiatre en ville. Ce dernier suggère d’emmener l’enfant à l’hôpital provincial. A son arrivée, Sidra est immédiatement admise à l’hôpital. L’équipe médicale souhaite obtenir l’avis des médecins de l’IMFE. Une consultation par télémédecine est donc assurée par le Dr Mirza, chef de service de chirurgie orthopédique à l’IMFE. Le diagnostic est grave. Sidra souffre d’une méningo-encéphalocèle qui consiste en une malformation congénitale touchant les os du cerveau.

"Après plus de trois décennies de conflit, l’Afghanistan est l’un des pays qui possèdent les indicateurs les plus bas en matière de développement humain, de santé et d’état nutritionnel de la population. Des pathologies médicales ne cessent d’augmenter. Grâce à la télémédecine, le cas de Sidra a été rapidement détecté et elle a pu être opérée à temps. Ses chances de survie étaient pourtant faibles” Dr Mohammad Akbar Shirzad, Chef de service de chirurgie orthopédique à l’IMFE.

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Compte-tenu de la gravité de la pathologie et de l’urgence qui en découle, Sidra est immédiatement adressée à l’IMFE.

Le père de Sidra, Shabir Ahmad, est instituteur. Il vit au Badakhshan, une province située dans le nord du pays. Son salaire permet de nourrir une famille de 8 personnes. Avec des revenus limités, la famille ne pouvait ni payer l’opération chirurgicale, ni assurer les coûts liés au transport à Kaboul. Pour la famille, cela représente aussi une perte de revenus considérable, car le père arrête de travailler pour accompagner l’enfant à Kaboul le temps de la prise en charge.

La Maison des Enfants Afghans, un projet initié par l’ONG La Chaine de l’Espoir en 2008, a permis de prendre en charge les coûts médicaux et sociaux liés à la prise en charge de l’enfant à Kaboul (transport et logement).

A l’IMFE, une équipe de chirurgiens a opéré Sidra. La masse occipitale qui ne cessait d’augmenter en volume a été enlevée. L’opération a été un succès et l’enfant a pu rentrer dans son village quelques jours après. Sidra reviendra à l’hôpital provincial de Faizabad pour un suivi médical. Les consultations par télémédecine permettront au Dr Mirza de surveiller son évolution à distance.


"Sans le programme d’aide social, l’opération de mon enfant aurait été impossible. Nous sommes tous très reconnaissants et nous remercions les équipes de l’IMFE et de La Chaine de l’Espoir »" Shabir Ahmad.

Sidra, après l'opération, dans les bras de son père. - JPEG

Pour les enfants des familles les plus pauvres originaires des provinces éloignées, l’accès aux soins hospitaliers spécialisés est très difficile, voire impossible. Car si le coût de l’acte médical est réduit voire gratuit, la famille doit encore assurer les coûts liés au transport, à l’alimentation pour l’enfant et les accompagnateurs. Consciente de ce problème, La Chaine de l’Espoir a ouvert La Maison des Enfants en 2008, un projet qui permet de prendre en charge les coûts médicaux et sociaux liés au séjour à Kaboul : transport, logement, repas de l’enfant et de l’accompagnateur. A travers le pays, même dans les zones les plus reculées et sensibles, des partenariats ont été créés avec des organisations pouvant adresser des patients nécessitant une opération chirurgicale non disponible en province.

Publié le 18/12/2014

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